Violoncellistes : rester en mouvement malgré la pique

Pour le violoncelliste, la pique est à la fois un confort (pas d’instrument à porter) et un piège : elle crée un point fixe qui peut contribuer à figer la position, d’autant que le musicien s’appuie sur la partie supérieure de la caisse. Pour bien jouer sans souffrir de douleurs du dos (pathologie n°1 pour le violoncelle), il faut apprendre à « bouger » autour de l’instrument.

Jouez en tonus de posture

Comme tout instrument « assis », le violoncelle pousse l’interprète vers deux écueils :

• la position cambrée gêne la respiration, sollicite à l’excès les muscles du dos, crée des tensions permanentes sur la colonne et risque de déclencher les douleurs du dos.

• la position « effondrée », fréquente chez les enfants et les adolescents comprime les disques entre les vertèbres et diminue la vélocité des mains.

Dans les deux cas, la respiration et les mouvements des bras sont perturbés, et avec eux l’efficacité et la qualité du jeu : c’est donc un point à travailler en priorité.

Le professeur veillera à ce que la taille de la chaise corresponde à celle de l’élève : il existe des violoncelles de taille réduite pour les enfants mais pas forcément des petites chaises…

L’assise sera plutôt sur le bord de la chaise que sur l’arrière, avec un léger basculement des épaules (et non du sternum) vers l’avant : le musicien doit aller vers son instrument, dans une posture dynamique, et non le tirer en arrière vers lui.

L’appui sur les pieds est décisif : le violoncelliste a besoin de s’ancrer dans le sol et d’y puiser de l’énergie pour construire sa posture.

Apprendre à bouger autour du violoncelle

On sait que certains violoncellistes ont mal au sternum, du fait de l’appui permanent sur la caisse. Certains voient même apparaître un durillon. Ces signes témoignent de la «fixation» de l’interprète à son instrument. Mais comment utiliser en virtuose les membres supérieurs (bras gauche en particulier) et les mains si tout ce qui les environne est statique ?

Le violoncelliste doit donc chercher à bouger autour de son instrument, même si ces déplacements sont restreints.

Un travail spécifique est nécessaire. Il consiste à « enrouler » le dos et à creuser la poitrine, tout en expirant complètement, afin de détacher le sternum de la caisse. On introduit ainsi du mouvement, une posture alternative, une possibilité de déplacement pour l’épaule et le coude gauche ; autant de façons d’améliorer son confort, donc son jeu.

Attention : il ne s’agit pas de remplacer la position antérieure par cette nouvelle posture, mais d’installer une alternance, donc une mobilité. L’instrumentiste doit apprendre à quitter l’appui sur l’instrument, puis à y revenir, puis à le quitter à nouveau.

Ce travail va de pair avec la mise en place d’une respiration physiologique, profonde et régulière : un violoncelliste qui respire par saccades ou a minima risque davantage la crispation. A l’inverse, si sa respiration est libérée, le son est meilleur.

Bras gauche : attention aux crispations

Un bras à la fois écarté du corps et replié, ce n’est guère naturel. C’est pourtant dans cette position que travaille le bras gauche du violoncelliste, menacé de crispation progressive quand les séances de travail se prolongent ou se multiplient. Certains violoncellistes ressentent des fourmillements de la main gauche, accompagnés parfois d’une perte de sensibilité tactile ; d’autres sont victimes de tendinites de la main gauche.

Chez un débutant, il est donc judicieux d’installer une habitude de mouvement et de décontraction, tant pour la main que pour le bras. Et prendre un appui solide dans les omoplates.

Au départ, la plupart des professeurs ne travaillent que la première position, la plus logique musicalement, mais pas la plus facile. Il faut veiller à ce que l’élève ne s’y installe pas en crispation, défaut qu’il aura du mal à corriger ensuite. Et ne pas hésiter à travailler en quatrième position en adaptant musicalement.

Le placement précis sur les cordes, très délicat au départ, peut difficilement s’effectuer sans l’aide du regard. Ne l’interdisez pas au débutant : en pivotant la tête, le cou et le regard, il évitera la crispation de posture si fréquente au violoncelle. Bien sûr, l’élève doit apprendre à en user avec modération, et à se replacer sitôt le contrôle visuel effectué.

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