Piano : pour soulager le dos, jouez avec tout votre corps

Le piano se joue assis, ce qui pourrait faire croire que la position est facile. Or, les pianistes souffrent beaucoup du dos et de pathologies de la main, plus que tous les autres musiciens. La raison ? Le pianiste se focalise tellement sur ses mains qu’il en « oublie » le reste du corps. Et ce dernier, mal utilisé, n’aide pas les mains pourtant soumises à des efforts intenses.

Développez une « conscience corporelle » globale

Au piano, c’est le doigt qui joue la note mais c’est le corps tout entier qui installe la main dans une position qui lui permet un toucher efficace et juste. Les pianistes doivent avoir une conscience globale de leur corps, seul moyen de mettre ce dernier au service de leur jeu.

Avec les débutants, pour libérer la position et créer une conscience globale du corps, on peut dès le début proposer de jouer debout, à genoux par terre, à genoux sur le tabouret, assis sur un ballon de kiné… Les enfants s’amusent, participent volontiers et comprennent qu’on peut « bouger » au piano.

Avec des élèves plus âgés, je conseille d’utiliser un coussin ballon (accessoire de fitness, facile à trouver) : l’assise devient instable et le pianiste est obligé d’introduire de la mobilité et du tonus de posture pour « tenir droit ».

Cette mise en mobilité soulage les douleurs habituelles du dos, dues le plus souvent à une posture exagérément droite et cambrée : le diaphragme, muscle puissant, tire les vertèbres vers l’avant, obligeant les muscles du dos à tirer en sens opposé. La douleur, caractéristique, se localise alors entre les omoplates.

Le pianiste veillera aussi à libérer sa respiration, souvent hachée voire bloquée dans les passages difficiles.

 Pianistes, fléchissez les hanches

Les douleurs du dos du pianiste s'expliquent souvent par une position voûtée, bas du dos arrondi.

Position voûtée, bas du dos arrondi... et à terme, douleurs garanties !

La plupart des pianistes qui veulent se rapprocher du clavier pour les besoins d’un passage délicat arrondissent le bas du dos et se voûtent. Les vertèbres concernées travaillent en force. Le dos est malmené en permanence, ce qui favorise l’apparition de douleurs.

 

 

 

 

 

En revanche, si le mouvement en avant est fait à partir de la hanche, le torse reste droit, en tonus de posture, mais il peut s’incliner d’avant en arrière sans éprouver inutilement les vertèbres. Le pianiste adapte ces mouvements aux nécessités du jeu : il crée cette «mobilité utile » qui soulage la main en la rendant plus efficace.

Eviter les douleurs du dos au piano : pour s'avancer, il faut garder le dos droit et fléchir les hanches

Ce pianiste garde le dos droit et s'avance grâce à la flexion des hanches : parfait !

 Utiliser tout le membre supérieur pour soulager la main

La main, siège de bien des douleurs, sera soulagée par la mobilité du corps et la souplesse des hanches. Elle peut aussi tirer profit d’un travail spécifique portant sur l’ensemble du membre supérieur.

Le porter du bras, tout d’abord : rappelons qu’il s’effectue à partir de l’épaule et non de la main. C’est l’omoplate, avec son puissant muscle (le grand dentelé) qui donne à la main sa force : plutôt que de crisper le poignet et les doigts, mieux vaut prendre cette force là où elle est la mieux outillée. Les doigts n’en seront que plus mobiles et plus véloces.

Utiliser pleinement le membre supérieur, c’est aussi s’en servir pour positionner la main et lui éviter des efforts de tension inutiles.

Les coudes collés au corps, s’ils semblent faciliter le porter du bras, empêchent cette mise en position. Ils sont donc à éviter.

Le poignet, souvent raide parce qu’il travaille en force, doit également être mis en mobilité pour offrir à la fois souplesse et stabilité. On peut considérer qu’il joue un rôle «d’amortisseur», au même titre que les amortisseurs d’une voiture, et l’on comprend bien dès lors combien un poignet figé peut pénaliser le travail de la main.

La mobilité du poignet, ce sont aussi ses rotations, pour permettre au petit doigt d’atteindre une touche éloignée : un léger pivotement est plus ergonomique qu’un étirement du doigt.

Le pianiste qui veut assurer l'équilibre et la stabilité de sa main construira une "voûte de main" solide

Une bonne voûte de main, c'est ça : la main ne s'effondre pas par rapport aux doigts mais forme un léger dôme au-dessus d'eux, tout en gardant sa souplesse.

Au niveau de la main proprement dite, l’attention se portera sur la mise en place d’une «voûte » solide qui assure équilibre et stabilité. C’est plus efficace qu’une « voûte de poignet », autrement dit un poignet raide.

Dernier conseil : amis pianistes, ménagez vous quand les douleurs s’installent ! La culture propre à cet instrument vous pousse à continuer envers et contre tout, alors que vous mettez votre main en danger.

6 réflexions au sujet de « Piano : pour soulager le dos, jouez avec tout votre corps »

  1. Bonjour

    Merci pour ces judicieux conseils !!
    Je me pose aussi une question : est-ce que le type de siège utilisé a un impact? Pourriez vous faire un article là dessus?
    Pour ma part j’utilise encore un tabouret rond à vis en bois, mais ça ne se fait plus, peut-être justement pour des questions d’ergonomie? La banquette est-elle plus indiquée? J’ai effectivement mal au dos assez vite, pourtant je fais attention à ne pas me voûter.
    Merci !!!

    • Non ça n’a aucune influance avec les douleurs dorsale il faut juste bien se place au piano mettre ces deux pieds parallèle aux deux pédales opposée et être au niveau du do du milieu. Pour ma part je préfère aussi les tabouret ancien je trouve plus élégants et plus raffiné

    • Non ça n’a aucune influance avec les douleurs dorsale il faut juste bien se place au piano mettre ces deux pieds parallèle aux deux pédales opposée et être au niveau du do du milieu. Pour ma part je préfère aussi les tabouret ancien je trouve plus élégants et plus raffiné .

  2. Tous ces conseils sur la posture du pianiste sont indispensables pour jouer correctement, sans avoir des douleurs ou des problèmes de santé plus tard. C’est pareils lorsque l’on parle de protection auditive pour les joueurs professionnels, qui ont besoin de protéger leurs oreilles pendant les concerts et les répétitions.

  3. La posture et la conscience du corps doivent être enseignés dès le début de l’apprentissage du piano.
    La relation entre le geste et le son aussi.
    Lorsque l’oreille a compris ce qu’il faut entendre après une lecture musicale et fait la relation avec le geste et le corps , la crispation n’est plus là et le plaisir de jouer a pris sa place.

    • Bonjour Szkolnik,
      Merci de l’intérêt que vous portez à ce blog!
      En effet, la posture et la conscience du corps doivent être enseignés dès le début de l’apprentissage d’un instrument, et implique la relation geste/plaisir/son que vous évoquez.
      C’est pour cela que toute l’équipe se mobilise pour sensibiliser les enseignants sur ces éléments dans les écoles de musique, conservatoires et pôles supérieurs au travers de conférences, ateliers et journées de formation sur les gestes et postures des musiciens.
      Et c’est aussi un réseau de professionnels de la santé qui se sont spécifiquement formés aux problématiques des musiciens et chanteurs pour les aider dans leurs difficultés et pathologies:
      http://intelligencedumouvement.fr/images/stories/liste%20kines%20reseau%20musiciens.pdf

      Arnaud Creusot

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