Muscles de postures, muscles dynamiques : tout est utile pour la musique

Pour tout mouvement, il faut un point fixe. Que ferait le couteau, sans la fourchette pour immobiliser le morceau de viande ? Ainsi, tout mouvement se construit à partir d’un point fixe qui sert d’appui à un déplacement.

Le corps respecte ce principe mécanique : nous construisons nos postures, c’est à dire les points fixes sur lesquels s’appuient nos gestes, grâce à des muscles dits posturaux; ils ont le rôle de la fourchette qui immobilise le morceau à couper. Nous réalisons nos gestes, c’est à dire nos déplacements, grâce aux muscles dynamiques; ils assurent le mouvement proprement dit, celui du couteau.

Une répartition logique

Nos muscles posturaux sont des muscles plutôt petits et profonds. Ils sont répartis notamment tout le long de la colonne vertébrale (pour assurer sa solidité), à la racine des membres (pour favoriser la précision), au niveau des mains et des pieds (pour renforcer la justesse aux extrémités).

Les muscles dynamiques sont répartis dans tout le corps qui est entièrement construit dans l’idée du mouvement. Ce sont eux qui nous permettent de nous déplacer, saisir des objets, les porter et les transporter.

Une nécessité pour le musicien

Pourquoi le musicien a-t-il besoin d’utiliser ces deux types de muscles ? Parce que ses gestes doivent être d’une précision remarquable. Or, la stabilité assure la précision. Tel le tireur à l’arc qui doit affirmer en permanence son bras stabilisateur pour créer la précision de son tir.

Le musicien met le son en mouvement, provoque une vibration par des gestes. Plus ses mouvements s’appuient sur des points fixes, plus ils sont précis, sans freiner la propagation de l’onde acoustique. Mais la subtile utilisation des deux types de muscles est parfois difficile à acquérir : souvent le système se dérègle, voir n’est pas bien réglé au démarrage, par un apprentissage trop difficile ou trop rapide dans la performance par exemple. Un grand nombre de douleurs ont leur origine dans l’incohérence d’utilisation de ces deux catégories de muscles.

En effet, physiologiquement, ces deux genres musculaires ne fonctionnent pas de manière identique :

  • les muscles dynamiques ont une capacité de déplacement et de force. Mais ils doivent respecter un principe d’alternance entre repos et contraction, avec un maximum d’efficience de l’ordre de 6 secondes ; 6 secondes de travail = 6 secondes de repos ; au-delà, le muscle se fatigue et perd de ses capacités de performance.
  • les muscles posturaux peuvent travailler relativement longtemps sans se fatiguer. Mais ils agissent avec peu de force et très peu de déplacement : ce sont les muscles de la précision.

Savoir utiliser chaque catégorie de muscle à bon escient, au bon moment, dans la juste force de chacun, représente un enjeu majeur pour la performance musicale, mais aussi pour la bonne santé de l’interprète.

 

Une réflexion au sujet de « Muscles de postures, muscles dynamiques : tout est utile pour la musique »

  1. Bonjour Marie-Christine,
    J’écris en ce moment mon mémoire de fin d’études en ostéopathie sur la posture a-physiologique que le violoncelliste doit adopter lors de sa pratique. Vos articles m’ont fourni des informations précieuses, et c’est tellement bien écrit que je vous ai cité directement dans un de mes chapitres.
    Merci pour votre contribution au milieu des musiciens.. Etant moi même ancienne violoncelliste professionnelle et atteinte de «  »fibromyalgie » » qui finalement ressemble plus à une dystonie de fonction du membre supérieur droit, je ne sais que trop les conséquences du manque de prise en charge et de conscientisation dans cette pratique rigoureuse et à marche forcée.
    Cordialement,
    Elise

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